L'Histoire ce n'est pas du passé ....

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hayekBeaucoup pensent que l’Histoire ne concerne que l’école et les nostalgiques. Ils ont tort.On pourrait citer beaucoup d’exemples. J’ai choisi le libéralisme économique, si souvent critiqué dans la crise actuelle.
Antoine Reverchon, dans le Monde Economique du 3 Avril 2012, évoque son histoire récente:
Après la crise de 1929, la pensée de Keynes s’imposa aux politiques: Le Marché conduisait naturellement au sous-emploi et à la crise. Il fallait le réguler, par une politique publique interventionniste. Cette théorie justifia la pratique des déficits publics pour compenser l’excès d’épargne privée et ainsi relancer la croissance et obtenir le plein emploi. C’est l’explication des 30 années qui ont suivi la guerre et qu’on a appelées les 30 glorieuses.
Mais face à cette nouvelle orthodoxie économique s’est levé dès 1944 un penseur économique autrichien: Friedrich Hayek. Il publia «La Route de Servitude».Le titre est intéressant car c’est au départ une réflexion philosophique et politique en réaction au nazisme (il était autrichien) : il estimait que l’interventionnisme étatique en matière économique conduisait tout droit au totalitarisme ; et que l’impôt était le symbole de la servitude.
En 1947 il réunit au Mont Pèlerin en Suisse un groupe d’économistes qui partageaient ses idées. Ils décident ensemble de repartir à la conquête de la pensée économique : D’abord en s’attaquant aux « revendeurs d’idées » (professeurs d’université, journalistes) puis en inspirant les politiques publiques. ...

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L’occasion a été la crise des années70-80 et son inflation qui a montré les limites des politiques keynésiennes . Les politiques se sont tournés vers les nouveaux experts de l’école libérale. C’est l’époque de Reagan et Thatcher « Trop d’impôt tue la croissance » fut le nouveau mot d’ordre.
Progressivement ces économistes de l’efficacité du Marché peuplèrent les universités, les médias, les clubs de pensée, les institutions monétaires (banques centrales…). L’alternative marxiste ayant fait long feu avec la chute du mur de Berlin, la théorie économique de Hayek devint une « pensée unique ».
Il est clair que dans la crise actuelle, cette orthodoxie libérale est très contestée. Les politiques se retournent en partie vers Keynes (grand emprunt, maîtrise des marchés, refus de la financiarisation de l’économie) mais beaucoup d’experts et de dirigeants se cramponnent à l’idéologie libérale
Il est intéressant de rappeler que l’idéologie néolibérale actuelle qui conditionne la vie de beaucoup d’entre nous dans le monde, a pris sa naissance dans une réaction au nazisme et au soviétisme.
De la même façon, la crise actuelle favorisera un rebond de la recherche économique qui débouchera sur des théories nouvelles....