La CAPITULATION de LAPALUD

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L’Histoire de France, vue des lunettes de St Julien de Peyrolas, est fort instructive. Il y a peu d’événements nationaux qui n’aient eu leur répercussion dans l’environnement proche.
Ainsi en est-il de la capitulation du Duc d’Angoulême le 8 Avril 1815 à Lapalud juste de l'autre côté du Rhône.
Qui était le duc d’Angoulême ?
C’était un des neveux de Louis XVI. Celui-ci avait 2 frères : le comte de Provence qui devint Louis XVIII à la chute de Napoléon en 1814 (la restauration) et n’avait pas d’enfants ; puis le Comte d’Artois qui devint roi à la mort de son frère sous le nom de Charles X . Ce dernier avait 2 fils : le duc d’Angoulême et le duc de Berry (assassiné en 1820).
Nous sommes donc en pleine Restauration : Napoléon a abdiqué (les adieux de Fontainebleau) sous la pression des alliés vainqueurs (Angleterre, Russie, Prusse et Autriche). Il a été exilé à l’île d’Elbe, au large de l’Italie.
Le 1er mars 1815 Napoléon qui s’est enfui de l’île d’Elbe, débarque en Provence. Il remonte par Gap et Grenoble (la route Napoléon) et rallie toutes les troupes envoyées contre lui.Le 20 Mars Napoléon fait une entrée triomphale à Paris, après que Louis XVIII soit reparti en exil à Gand en Belgique.
Mais la France n’était pas redevenue bonapartiste de façon unanime, loin s’en faut.
Le duc d’Angoulême, neveu du roi, rallie les troupes royalistes du Midi et tente de remonter sur Lyon. Le 8 Avril 1815, encerclé par les troupes de Grouchy (celui-là même qui fera défaut à Waterloo) il capitule à La Palud. Il s’enfuit en Espagne, par Sète. Malheureusement ses partisans royalistes sont massacrés à Nîmes par les bonapartistes.
L’aventure napoléonienne dura 100 jours et s’acheva par la défaite de Waterloo. Les puissances étrangères imposèrent le retour de Louis XVIII (« dans les fourgons de l’étranger ») et durcirent sévèrement les conditions de la paix : occupation de la plus grande partie de la France tant qu’une indemnité colossale n’a pas été versée.
Pour revenir à notre région, une véritable " terreur blanche "  se répand à Marseille, Avignon et surtout à Nîmes où a lieu une réplique aggravée du massacre des volontaires royaux du duc d’Angoulême. Le petit peuple royaliste massacre les bonapartistes et les notables protestants. 
Ce climat de guerre civile a marqué le clivage politique du Gard pendant tout le 19eme siècle et peut être au delà.