RESTER sur le CARREAU …

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Si vous visitez le Musée d’Art Sacré de Pont Saint Esprit vous admirerez, parmi beaucoup d’autres choses, la salle de justice de la maison des chevaliers
Rendre la justice, comme frapper la monnaie, était un des signes de suzeraineté.
La famille Piolenc, commerçants enrichis et anoblis, avait fait construire cette demeure pour affirmer leur puissance face au prieur de Cluny, Seigneur du lieu.
En 1302 ils favorisent la prise de possession du Roi de France (Philippe le Bel ) de ce qui deviendra Pont St Esprit. Pour faire honneur au Roi ils firent aménager cette salle de justice au plafond décoré magnifique.
Alain Girard, le conservateur, nous précise que, à l’instar des autres salles de justice, elle était partagée en deux :
La partie « haute », sur laquelle on rendait la justice, était munie d’un PARQUET de bois. Depuis cette époque on désigne les magistrats représentant l’Etat (le ministère public) par cette expression simple et mystérieuse : le parquet. Telle en est l’origine.
La deuxième partie de la salle ou se tenaient ceux qui ne rendaient pas la justice, témoins ou spectateurs, était dotée de carreaux. D’où l’expression « rester sur le carreau » : pour signifier qu’on n’est pas admis dans les instances de décision. Plus largement elle veut dire qu’on « n’est pas joués » comme diraient les écoliers dans les cours de récréation…
L’Histoire est toujours plus présente qu’on ne le croit dans notre actualité !