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Les articlesUn peu d'histoireLa MALADRERIE des TEMPLIERS a-t-elle existé ?

La MALADRERIE des TEMPLIERS a-t-elle existé ?

ruines Peut-on encore parler de maladrerie ?
Y a-il eu des templiers au creux des gorges de l’Ardèche sur le site de la Madeleine ?
Nicolas Clément, docteur en histoire et archéologie médiévale, est venu au Garn ce Samedi 7 Décembre faire le compte rendu de la fouille scientifique qui a eu lieu en Avril dernier (2012).
Un auditoire attentif et passionné (plus d’une centaine de personnes) a suivi notre archéologue dans son analyse du site comme on suit une enquête policière.
Que retenir d’un exposé de plus d’une heure, si richement documenté de plans et de photos ?
Ce qui m’a frappé :

  1. la complexité administrative : le site de la Madeleine est sur le territoire d’Aiguèze mais appartient au Garn. En tout cas, il appartient au Gard et c’est à ce titre que le Conseil Général a financé partiellement la fouille…
  2. la présence d’une église semble prouver qu’il s’agissait d’un ensemble monastique.
  3. La présence des templiers n’est pas exclue mais elle n’est nullement avérée.. Le site n’est pas mentionné au Moyen Age. La plus ancienne trace écrite remonte à 1673 (dans un acte notarié pour une question de limite de terrain.) puis apparaît sur le cadastre de 1830. C’est la tradition orale, reprise par le Docteur Frankus au 19ème siècle (Voyage le long de l’Ardèche) qui fait état de templiers, qui se seraient réfugiés dans ce lieu reculé après la persécution de Philippe le Bel et la dissolution de l’ordre en 1310.
  4. L’existence d’une maladrerie est par contre contestée .Ce serait le Dr Frankus qui aurait imaginé cette activité compte tenu du caractère isolé et inaccessible du site.                        

Les fouilles semblent prouver le contraire : l’analyse des prélevés dans le cimetière ne permet pas de signaler la moindre trace de lèpre. Les monnaies trouvées dans le site sont d’origine lointaine ce qui montre que cet ensemble monastique était ouvert et non pas replié sur lui-même.. Enfin l’Ardèche était assurément une voie de circulation non négligeable.
Par ailleurs Nicolas Clément a montré que les grottes étaient très habitées du 6ème au 14ème siècle. La maladrerie semble relever d’une vision romantique (et d’un tropisme sanitaire) du Dr Frankus.

  1. une des difficultés des fouilles sur ce site vient du fait que beaucoup. de constructions reposent directement sur le rocher. Outre le fait que cela les fragilise, il manque l’humus qui piège débris de céramiques, pièces, ossements etc.… soit la matière première de l’archéologue. Néanmoins en analysant l’adossement des murs les uns par rapport aux autres, Hercule Poirot, pardon Nicolas Clément, a pu déterminer la chronologie des bâtiments les uns par rapport aux autres. Il en ressort qu’il existait un ensemble agricole (monastique ? laïc?) antérieur à la construction de l’église, qui elle est du 12eme siècle. Le début du site n’est pas encore daté pour le moment ?
  2. L’église a été agrandie au début du 13ème siècle, période où le bâtiment à arcades a été construit.
  3. A la fin du 13ème siècle on a édifié le bâtiment voûté
  4. Le site a été abandonné au 14ème siècle (pour quelle raison ?) et réinvesti au 17ème siècle comme charbonnière.
  5. Au 19ème siècle le dernier occupant était un berger…

On voit que cette première fouille scientifique, menée avec de nombreux bénévoles a permis de mieux comprendre ce site un peu mystérieux, mais qu’il reste beaucoup d’interrogations.
Pourquoi par exemple les squelettes exhumés de leurs sépultures étaient sans têtes ?
Une 2ème saison de fouilles est prévue en 2013 notamment pour compléter le travail dans l’église et le cimetière (reste à trouver le financement !)
Rendez vous au Garn dans 1 an pour la suite du feuilleton…